les matins orphelins

Les matins orphelins

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Houessinon De Souza nageait dans une mare de quiétude et de joie, de la couleur du bonheur; ici, dans cette hospitalière Côte des Saints qui les avait accueillis, trente années plus tôt, venant de leur Danhomey natal, son épouse Carmen et lui.
Oui, il en était tout à fait convaincu: l’homme n’a pas de patrie. Les notions de nationalité, d’ethnie, ne sont rien d’autre que des artifices, des leurres inventés par des esprits pervers, portés à la division. Pour lui, et cela avait toujours été aussi la façon de voir de sa compagne, là où vous avez des amis, des gens qui vous adoptent et vous aiment, là est votre pays.Le lieu où vous prenez un autre départ dans la vie, où vous vous faites une autre famille.
Voir les rapports entre les peuples dans une optique arc-en-ciel, pacifiste, placer une telle foi, un tel enthousiasme, dans la fraternité des hommes par-delà les frontières, n’engagent à rien, sauf à se désillusionner, le temps que tourne la roue de la vie. Le temps que d’autres réalités prennent force de loi…
Ce temps-là, celui des traverses, arriva bientôt ;sans crier gare…

Auteur: FOUA Ernest de saint Sauveur